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Voici une nouvelle sensation de La Porteuse de Voix : Accueillir son impuissance
j’ai réfléchi avant de savoir si j’en faisais une réflexion avec une approche intellectuelle, ou bien si je la laissais dans les sensations, mais au lieu de le faire d’une manière directe et improvisée, je l’écrirais avant et ensuite je la lirai. Mais comme la force de la sensation, c’est le direct (et parfois les sensations écrites), j’ai voulu me laisser guider par mon inspiration.
Nous sommes dans une société qui met en avant la puissance visible, étiquetée et qui donne des résultats ou trouve des solutions par réaction. En soi je peux le comprendre, mais lorsque j’ai lu cette expression « accueillir son impuissance ou l’impuissance« , j’ai été profondément émue , presque les larmes aux yeux. Car cela me parlait de douleur mais aussi de sensibilité et d’une grande tendresse pour l’être humain que j’étais et qui a toujours essayé d’avancer contre vents et marées.
Avant comme beaucoup de gens dans l’individualisme, je cherchais ma place dans la société et j’exprimais donc un désir de puissance ou du moins quelque chose qui pouvait s’en rapprocher de l’ordre de la réussite, du résultat et pour aller plus loin de l’ordre de la comparaison. Cela générait en moi une sorte de stimulation, d’énergie de faire toujours plus et d’aller toujours plus loin.
Mais au fil de l’âge, j’ai senti qu’une partie de moi s’éloignait de ce modèle pour aller vers quelque chose de plus sensible, peut être de plus fragile mais surtout de plus profond. Puis sont venus les échecs, les non résultats, croire que j’étais incapable sur beaucoup de choses, et puis la tristesse et la non confiance en moi avec une nappe profonde, floue d’angoisse et d’espoir. Ne pas être capable ! Voila l’expression était lâchée avec ses limitations et ses jugements, avec son étroitesse et son étouffement !
Et la rencontre avec son impuissance au début comme une honte et ensuite comme une sœur de tendresse, comme un « laisser couler ! » comme un « fichez vous la paix ! » de Fabrice Midal. Et puis l’introspection pour reconnaitre que mon impuissance n’était pas une fin mais au contraire la possibilité d’un commencement, la possibilité d’une rencontre avec le non visible en moi, avec le non étiqueté et le non nommé. Une possibilité de ne pas intervenir pour se laisser traverser par l’inconnu, le fécond et le vivant, se laisser saisir pour laisser de côté une forme de sécurité extérieure et pour ressentir le vibrant et le troublant.
Aller à la rencontre de son impuissance c’est aller à la rencontre de ce qui peut émerger dans une cocréation féconde avec sa puissance invisible. Voila une sensation tendre, émouvante qui met en avant sa complétude, ses contrastes et ses possibles. Bonne écoute et bonne rencontre avec vos possibles à travers votre sensibilité et votre regard unique. Une invitation de résilience et de partage Texte narrée par la Porteuse de Voix sur une musique sublime de 3 Oaks Music, Miracle