« En m’exprimant avec clarté et en me connectant à mon ressenti, je clarifie mes intentions, je pacifie mes zones de questionnement et je m’ouvre à une relation de discernement et d’accueil. » Temps de lecture 6 mn

Lorsque nous nous exprimons, il nous est déjà arrivé de ne pas être compris, mal entendu ou mal interprété. Cela peut conduire à des situations de confusion, de non dits et pour finir à du ressentiment et du rejet. En effet si la personne en face de soi ne comprend pas ce que l’on dit, il est fort possible que notre message ne soit pas clair. Il est également possible que notre discours ne reflète pas notre vrai ressenti ou bien va à l’encontre de ce que nous souhaiterions vraiment dire. Mais tenus par l’éducation, la culpabilité, la bienséance et le respect, nous restons dans une norme qui permette de garder un semblant de lien harmonieux et paisible.
Cependant la réalité au fond de nous et notre rapport avec l’autre sont complétement faussés. Cela peut tenir un temps, mais il arrivera tôt ou tard ou il nous sera difficile de supporter un discours qui ne nous ressemble pas et qui nous éloigne de notre vrai ressenti. Rester dans une zone de flou peut être « un bénéfice et un confort » pour un temps.
Mais si votre environnement ne comprend pas ce que vous dites ou bien si vous ne prenez pas la peine d’exprimer ce que vous ressentez pour rester dans un « politiquement correct », vous allez finir par faire comme une cocotte minute et « exploser de colère, de ressentiment ou de frustration ». Et vous enverrez l’image ou la réputation d’une personne que vous n’êtes peut être pas.
Avant de bien s’exprimer, il s’agit avant tout de bien écouter et surtout de bien s’écouter. Lorsque vous prenez le temps de vous interroger sur vos motivations et sur vos désirs profonds, vous vous connectez à votre vérité intérieure. Cela vous amène à distinguer ce qui est réellement important pour vous de ce qui est dicté par des attentes extérieures et des automatismes. Cette clarté vous offre une boussole pour avancer avec authenticité et cohérence.
En vous connectant à votre ressenti, vous laissez mettre en place un cheminement, une découverte de vos attentes en fonction de vos émotions. Et les bonnes questions peuvent apparaitre : Qu’est ce que je ressens la en ce moment ? Quel message est ce que je veux faire passer à mon interlocuteur ? Est ce que mon état physique et émotionnel du moment me permettent de le faire avec honnêteté et authenticité ? Est il plus judicieux de le reporter si je me sens trop énervé ou pas du tout en accord avec certains principes ?
Ce type de question va peu à peu vous amener à prendre l’habitude de clarifier votre état d’être avant de vouloir prendre la parole. Cela peut prendre un peu de temps au départ, voire même être déroutant car trop peu pratiqué. Cependant avec la patience et une volonté douce, cette pratique peut devenir comme un jeu mental qui aura des effets bénéfiques sur le long terme.
Certaines zones de questionnement peuvent être perçues comme des espaces d’incertitudes, de doutes voire même comme des obstacles. Pacifier ces zones, ce n’est pas chercher à résoudre tout immédiatement, mais accepter que le doute fasse partie de l’expérience humaine. Cela passe à nouveau par le décodage de ses émotions, en reconnaissant leur rôle de messagère. En pacifiant ces zones de doute, vous remplacez l’agitation par une sérénité qui permet d’agir avec discernement même dans l’incertitude.
Vous passez ainsi d’un mode flou, rapide et en tension à un mode plus soft, peut être plus lent mais surtout plus sincère, plus profond, plus respectueux de votre rythme, de votre sens de la vie. En passant par cette étape « d’introspection », vous vous donnez le temps de mieux vous comprendre, de discerner ce qui est essentiel pour vous. Vous passez dans un espace de mouvement et de disponibilité à votre fonctionnement.
Vous acquérez une vision plus juste de vos attentes, de vos désirs, et votre état de disponibilité se propagera à votre relation avec les autres. En vous laissant de l’espace, vous permettez à l’autre de vivre son propre espace, sans se sentir dans la tension ou l’obligation. Ainsi donc la rencontre de vos deux espaces respectés va créer un troisième espace fécond qui est le « nous » de votre relation apaisée et constructive.
Votre discernement va vous aider à distinguer ce qui vous appartient, de ce qui appartient à l’autre et de ce que vous pouvez mettre en commun dans ce nouvel espace du « nous » qui aura une véritable identité et vitalité propre au moment partagé. Cette bulle « du nous » pourra se poursuivre ou s’arrêter d’un commun accord avec les ingrédients que vous aurez décidé avec votre environnement de mettre au service de cette cocréation. Bien garder en tête que l’idée « du nous » est une entité à part, vous permet de préserver votre espace personnel et de ne mettre à ce service que ce que vous aurez décidé de choisir en vous.
Dans cette relation de discernement de soi et de l’autre, l’accueil authentique et partagé se fera naturellement sur la base du respect mutuel de l’intégrité de chacun. En accueillant sa propre complexité, nous sommes capable d’accueillir celle de l’autre comme un miroir d’évolution.
Ce qui au départ pouvait sembler parfois difficile dans la communication avec l’autre, deviendra au fil des expériences et du temps, une véritable capacité d’écoute empathique, chaleureuse et constructive. Car derrière la parole de votre interlocuteur vous arrivez à détecter ce qu’il vit derrière ce qu’il dit, développant en vous une finesse d’esprit et de délicatesse pour accompagner au mieux la relation.
Vous développerez également une hygiène intérieure de compréhension du fonctionnement de vos systèmes émotionnel, physique et psychologique en sachant si vous avez la capacité, la disponibilité d’écoute relationnelle suffisante ou bien si vous souhaitez exprimer le fait que vous ayez besoin de reporter une conversation ou une relation à un moment ultérieur dans l’apaisement et le raisonnable.
Ce discernement avec soi même, cette clarté avec l’autre n’est pas une démarche linéaire ou figée. Elle demande une attention constante, et une volonté de revisiter ses intentions, ses doutes, ses interactions et « ses systématismes (qui peuvent créer des qui proquos, des incompréhensions). Cela pourrait être un parallèle à l’image de l’enfant qui grandit et qui entrevoit de nouvelles possibilités de sa position à quatre pattes vers la position verticale.
En prenant l’habitude de vous visiter intérieurement, vous vous remettez au centre de votre relation avec vous même, ce qui vous permet d’établir un contact plus juste et plus mature avec l’autre dans votre désir de rencontre et de création.
Prenez cela comme une invitation à un voyage intérieur qui aura pour enrichissement des relations plus posées et plus responsables avec les autres. Ce cheminement sera riche de sens et d’intérêt vous gardant en questionnement et en émerveillement de l’évolution et de la qualité relationnelle et d’écoute mise en place naturellement.