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JE M’ELOIGNE DE CE QUI BAISSE MON NIVEAU D’ENERGIE

Temps de lecture : 11 mn

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Je suis fatigué ! Je me traine ! je ne comprends pas, je prends des tas de compléments alimentaires, je fais du sport et je me sens fatigué ! J’ai fait une sieste de deux heures ce week end et pourtant je ne me sens pas rempli d’énergie ! Je suis parti quelques jours à la mer ou à la montagne, c’était super, je reviens rempli de peps et là je reprend mon travail , je suis à peine en début de semaine et j’ai l’impression que toute cette belle énergie s’est envolée ! Je me suis acheté un meilleur matelas, je rentre plutôt du travail….

Et en plus ma fatigue ce n’est pas que physique, c’est aussi mental !!!!

Nous avons tous un jour eu ce type de réflexion au dessus. Nous avons tous été fatigués sans comprendre pourquoi malgré un changement alimentaire, une visite chez le médecin (souvent nécessaire pour décoder en premier si une fatigue pourrait provenir d’une pathologie), malgré les promenades au bon air, malgré la commande de suppléments alimentaires qui ont eu l’air de faire leur preuve sur notre ami, sur la voisine….

Nous avons tous placé la fatigue sur quelque chose d’extérieur à nous même, sur des circonstances qui étaient au premier abord logiques et visibles. Et c’est d’ailleurs une bonne manière de commencer à procéder, par recherche, par expérimentation, par combinaison et par comparaison avec son entourage. Bien que tous étant différents et ayant des réactions différentes face à une situation ou un produit ou une idée, il est grandement sage d’être en état d’observation et non d’assimilation. Ce n’est pas parce que nous sommes un homme ou un femme du même âge que le voisin ou la voisine, ce n’est pas parce que nous avons les mêmes idées et presque le même fonctionnement social, que cela donnera les mêmes résultats en terme de réponse à un souci de fatigue.

Nous nous remplissons de bonnes intentions, nous cherchons dans les magazines, sur internet la réponse à notre problème d’épuisement, de fatigue. Souvent nous n’osons révélé à notre entourage que non seulement notre fatigue est physique mais elle s’accompagne souvent aussi d’une fatigue mentale.

Les personnes autour de vous vous diront que vous travaillez trop, que vous avez besoin d’un week end de pause, que papi, mamie pourraient vous garder les enfants. En soi même ce ne sont pas de mauvaises idées, ces dernières sont même habitées des meilleurs intentions. Mais là n’est pas le problème. Ce sont des propositions mais ce sont surtout des pansements sur des jambes de bois. Car si cela permet de reprendre un peu d’énergie, le retour à la vie quotidienne sera d’autant plus dure et parfois si difficile que la dépression pointe le bout de son nez .

Il y a une vision qui est peu pratiquée en Occident, voire même une vision inverse. Nous nous remplissons avec le verbe « faire  » pour répondre au problème de la fatigue au lieu d’utiliser le verbe « être » pour comprendre la racine de cet état d’épuisement. Car effectivement nous pouvons parler d’épuisement quand cette fatigue est là depuis longtemps et qu’elle devient un mode de fonctionnement nous collant l’étiquette « d’éternel fatigué ».

NOUS NOUS REMPLISSONS AU LIEU DE NOUS VIDER. NOUS NOUS MOUVONS AU LIEU DE PRENDRE UN TEMPS D’ARRET

NOUS ALLONS VOIR A L’EXTERIEUR AU LIEU DE REGARDER A L’INTERIEUR DE NOUS MÊME, NOUS ALLONS PRENDRE DES AVIS EXTERIEURS AU LIEU DE FAIRE CONFIANCE A NOTRE INTUITION.

Nous plaçons la cause de notre inertie sur les circonstances extérieures sans nous demander si localement, si en nous, si dans nos habitudes, si dans notre environnement proche, il n’y aurait pas des aspects énergétivores dans notre vie. Nous concluons notre fatigue sur des grands aspects professionnels, sur des drames familiaux, sans nous demander s’il n’y aurait pas dans notre vie au quotidien des petits aspects qui ne se voient pas toujours en premier et qui pourtant pompent notre énergie d’une manière lente, récurrente et parfois si invisible ( car tellement habituelles dans notre façon, de vivre).

Je veux parler de ces pollueurs qui prennent autant d’espace que ce qui nous met en joie. Je vais peut être choquer ou blesser, telle n’est pas mon intention , mais je veux transmettre par expérimentation, ce que j’ai moi même vécu ou vu autour de moi en toute neutralité et sans jugement .

  • Il y a peut être en premier, je les appelle des « pollueurs de sens » qui nous coupent de ce qui fait que nous sommes si vivants : le téléphone, la télévision, l’ordinateur, les réseaux sociaux. En eux même ils ne sont ni négatifs, ni positifs, c’est notre façon de les utiliser au quotidien. Nous n’imaginons pas le nombre d’heures que nous pouvons passer sur ces petites machines qui sont censées nous délivrer du bonheur en dose biberon. Parlons également de ce que nous pouvons croire vrai sur toutes les informations qui y sont délivrées. A forte dose nous en devenons addicts et nous perdons tout sens de discernement et de capacité à penser par soi même. Le cerveau va chercher constamment à trouver ce qui va nous donner notre dose de plaisir, nous rendant consommateur passif.

  • Au travail il peut y avoir des personnes qui entrent constamment dans votre bureau pour vous raconter ce qu’ils ont fait le week end, pour venir vous demander votre avis ou du matériel, pour vous proposer une pause café. Ainsi sans que vous vous en rendiez compte, votre travail devient morcelé, votre capacité de concentration diminue et vous êtes obligé ensuite de mettre plus de temps pour finir une tâche, là ou vous auriez peut être fini durant la matinée.

  • La fatigue c’est aussi le dictat de toujours faire, de toujours avoir, posséder, désirer posséder et ne pas supporter de ne pas posséder . Comme si la société semblait être un être uni cellulaire d’où partaient toutes les injonctions qui promettent la bonne santé, la profusion et l’abondance, la joie constante. Et comme si ne pouvaient exister le vide, la sobriété, le lien simple de cœur à cœur, le partage solidaire et équilibré. Vouloir vivre dans une course effrénée à qui perd-gagne, faire de son mieux, être en équilibre constant entre ce que je ressens vraiment, et ce que les autres me disent de faire ou de penser est une véritable douleur physique et mentale.

  • Vouloir être quelqu’un que je ne suis pas : Nous sommes nombreux à vouloir réussir ou du moins à avoir voulu une fois dans sa vie réussir, ressentir de la fierté, la joie de la conquête. Et c’est normal. Cela fait partie de la construction de l’être humain. Il a besoin de se confronter à son environnement , à ses pairs pour se construire, pour se faire une idée du monde et pouvoir prendre des décisions. La ou c’est moins normal, c’est lorsque nous continuons à nous conformer à une idée désuète, à une idée qui ne nous appartient pas et que l’on a envie de faire sienne comme une vérité absolue. C’est parfois le cas dans la vie professionnelle quand un employé admire son patron ou que celui ci a un fonctionnement paternaliste qui laisse l’employé sous une forme de dépendance infantile. Cela peut être aussi le cas d’un enfant qui admire un parent et qui va se conformer au mieux à l’image que ce dernier veut de lui. Ceci aussi est un process classique, jusqu’à ce que l’enfant ait laissé derrière lui sa propre personnalité pour épouser celle de l’adulte référent parent ou éducateur. C’est là qu’il sera important que l’adulte intervienne pour expliquer à l’enfant qu’il est nécessaire de créer par soi même et qu’admirer quelqu’un d’autre ne doit pas être une attitude pour se sentir aimé. Par des mots simples, le message délivré à l’enfant sera un message de confiance et d’assurance que sa façon de faire ou d’être ne sera pas une condition pour être aimé.

  • Les sollicitations constantes qui ne laissent pas de place à la créativité personnelle, à des moments de solitude fructueuse et nécessaire à son ressourcement personnel. Cela peut être des amis qui passent chez vous à l’improviste alors que vous n’avez qu’une envie c’ est de rester seul ou en famille. Cela peut être des grands projets prévus de longue date, alors qu’en vous commence à poindre l’angoisse parce que finalement vous n’avez pas envie de le faire, ou l’énergie pour vous projeter. Cela peut être un voyage lointain, une réunion de famille ou aller à un mariage. Alors que vous avez juste envie de rester dans le coin à vous promener ou à ne rien faire.

  • Nous voyons ici poindre deux fatigues mentales importantes : c’est ne pas savoir dire NON à l’autre (pour se dire OUI à soi). Peur de la culpabilité, peur de ne plus être aimé, peur de décevoir. Ce sont la aussi des émotions qui peuvent être trés énergétivores, épuisantes car nous mettant constamment en tension. La seconde fatigue mentale qui pourrait rejoindre le constamment « faire » c’est de toujours se projeter, avoir des buts, des projets, des missions, des objectifs, comme si vivre le présent était terrifiant, au point de vouloir uniquement se projeter dans le futur, faisant fi de l’éventuel ennui du présent, par la projection de la préparation à venir d’un but, d’une action ou d’un voyage (le terme voyage ayant le sens de direction et de cheminement). Pourquoi est il si difficile d’habiter et de côtoyer sa propre personne au présent ? Au point que la projection dans le futur ne soit pas une joie mais cache une envie de fuir son être.

Voila donc quelques exemples énergétivores qui peuvent polluer notre quotidien, sans que nous puissions parfois nous en rendre compte. Il en existe encore de nombreux avec des formes différentes, parfois plus pernicieuses se cachant sous de jolis sourires et sous de belles formules. Cependant elles ont un but de vous utiliser pour leur propre compte.

Il sera donc important tout doucement, et je pèse bien mes mots, car dans certains cas il faudra du temps, du discernement mental et de l’acceptation pour voir que ce que l’on pouvait croire bénéfique à notre fonctionnement, est en fait une perte d’énergie, de vie et de temps. Vous perdrez peut être des amis, peut être aussi du confort, votre réputation (qui ne dépend toujours que du regard extérieur, il existe autant de réputations que de personnes, autant de jugements que d’individus). Mais vous gagnerez en confiance, en capacité de décider ce qui est bon pour vous ou non, en capacité de choisir et de changer s’il le faut.

Il sera important de respecter votre temps de décision, votre façon d’être et de faire, vos moments de doute et de changement, vos moments de joie parfois hystérique et ne collant pas toujours à la réalité. Vous vous reconnecterez au vivant en vous, en vous donnant la permission de faire comme vous le pouvez, comme vous le sentez.

Il ne s’agit pas de reconquérir son territoire d’une façon arrogante mais surtout de prendre le temps et la mesure des changements, de ce qui vous traverse, de ce qui vous fait mal , de ce qui a du sens pour vous et qui vous semble nécessaire à votre bien être. Cela peut être au départ des petits gestes, des petites choses qui semblent insignifiantes mais qui pour vous ont de l’importance. Reprendre une activité que vous aviez laissé tomber depuis longtemps, une phrase que vous dites à vos collègues ou vos amis ou votre famille en exprimant par le « JE  » vos besoins et vos émotions.

Vous allez peu à peu réalimenter votre feu intérieur par le plaisir, par le jeu, vous nourrir par des façons d’être qui vous laissent en paix, qui vous traversent comme une douce mer de nuages. Vous travaillerez peut être autant, voire peut être plus, et vous vivrez votre travail différemment, vous lui trouverez un sens, des avantages en vous situant à nouveau au centre de votre vie et non plus en périphérie. Et si votre travail ne vous convient plus , vous trouverez à votre rythme les informations nécessaires, les ressources dont vous aurez besoin pour un changement éventuel.

Ce changement ne sera possible que si vous nourrissez votre élan vital. Et pouvoir le nourrir c’est d’abord faire le tri de ce qui vous mange, vous épuise et vous enlève la joie et le sens propices à toutes créativité.

Il sera temps de considérer sa vie au quotidien comme un feu sacré à conserver et à nourrir par la joie, l’apaisement et des moments d’introspection pour faire le bilan. Cela n’empêche pas d’avoir des projets. Mais ils seront d’autant mieux nourris, ou capable d’être changés si localement en vous et en premier, vous nourrissez votre énergie, votre corps, votre mental.

La beauté de ce qui fait la vie et le mouvement, c’est notre capacité à regarder le monde avec émerveillement comme si chaque jour qui se levait était un miracle constant. Cette idée peut nous aider à prendre du recul et à considérer notre vie comme un miracle.